Touched by Art : Julia Collet et Helge Leiberg

Julia Collet appelle « notre terrain d'expérimentation » cette toile aux dimensions gigantesques sur laquelle elle souhaite créer une œuvre commune avec l'artiste berlinois Helge Leiberg. Dans l'atelier de Julia Collet, une faux attire le regard : un motif fort et créatif pour ce duo.

Les deux forment un couple plutôt disparate. Helge Leiberg est originaire de Berlin ; il s’est consacré à des performances dans lesquelles il créait son art aux côtés de danseurs et de musiciens. Alors qu’il vivait encore en RDA, il a organisé avec d’autres artistes la « Journée du livre libre » sous forme d’action, ce qui lui a valu d’être expulsé. Dans l’atelier de l’hôtel Palast, il travaille également sur une peinture grand format aux couleurs vives représentant des figures dansantes. Julia Collet, une habitante de Wiesbaden très active et très sympathique, qui vit elle aussi en centre-ville et se rend régulièrement à l’atelier de la Karlstraße, est obsédée par le motif de la faux. Elle se qualifie de « femme à la faux » ; elle fauche effectivement des prairies, mais dessine aussi sans cesse des motifs de faux qui ressemblent à des oiseaux surréalistes. Et elle a crocheté une « petite faux », une sorte de peluche munie d’une faux, qu’elle porte toujours dans ses bras. Elle a déjà décoré le couloir ainsi que de nombreux murs et portes du Palast-Hotel avec des motifs d’herbes. Elle est très active, virevolte d’une pièce à l’autre, recoud au passage une peluche abîmée, elle maîtrise toutes les techniques – son écrevisse géante au crochet, qu’elle a présentée lors d’une exposition au « Schwalbe 6 » de Wiesbaden, est également légendaire. Travailler directement avec Helge Leiberg, c’est trop intime pour eux deux ; au début, ils travaillent encore dans des pièces séparées. Mais ils peuvent très bien imaginer qu’une œuvre d’art commune puisse voir le jour, sur une toile de très grand format. « Notre terrain d’expérimentation », comme l’appelle Julia.  Helge Leiberg a lui aussi déjà intégré dans son propre tableau un « bec de faux », inspiré des images de Julia Collet qui, après seulement quelques jours, recouvrent déjà les murs. Cette approche prudente au début de l’action débouchera très certainement sur un motif particulièrement créatif, tant les deux artistes apportent d’inspiration. (Anja Baumgart-Pietsch ; photos : evim/rui camilo)